lundi, février 06, 2006

" L'avion a t-il calé à 33 000 pieds ? "

The Bulletin est un journal panaméen (bilangue) sur les voyages et transports au Panama

Encore un article qui vient d'un journal d'Amerique du Sud, détenu par des capitaux US, qui expose l'éventualité de la méconnaissance d'une directive de service de Boeing......

Infos ou Intox ?

L'article original vient du International Herald Tribune. Il est paru jeudi 19 janvier 2006 sous de le titre : "Pilots in fatal crash may have missed key directive " par Don Phillips
http://www.iht.com/articles/2006/01/19/news/venezuela.php


Il serait peut-être interessant que des journalistes d'investigation français ( ici et en Martinique) se penchent sur le sujet.

Les pilotes de l'avion MD-80 qui s'est écrasé pourraient avoir manqué une indication-clé (article en Français)

Les enquêteurs du crash du Boeing MD-82 qui a tué 160 personnes en août ont déclaré que l'accident a eu lieu après que l'avion eut effectué une sorte de montée rapide, dont Boeing avait averti en 2002 qu'elle devait être évitée parce que le pilote automatique pourrait alors diminuer la puissance des moteurs de manière excessive quand l'avion se stabiliserait.

La majorité des victimes de l'accident du vol du 16 août de la West Caribbean Airways dans le nord du Vénézuela entre Panama et la Martinique étaient résidents de cette île, territoire français.
Comme les déclarations officielles sont toutes sensées venir du Vénézuela, les enquêteurs ont indiqué, sous couvert d'anonymat, que l'avion semblait avoir réagi exactement comme l'avait prévu un bulletin d'information interne de Boeing daté de 2002 concernant un MD-82 suite à une montée rapide de 31.000 pieds à 33.000 pieds, soit de 9.450 mètres à 10.000 mètres.

Les enquêteurs ont ajouté que les enregistrements qu'ils ont étudiés ont indiqué que, une fois que l'avion eut atteint l'altitude de 33.000 pieds, le pilote automatique a continué de fonctionner pendant 6 minutes environ afin de maintenir l'avion à la bonne altitude. Quand le pilote automatique ne pouvait plus rien faire, il s'est éteint brusquement comme sa conception le prévoit et l'équipage a soudain dû faire face à un avion qui nécessitait un regain de puissance et d'une main sûre pour être maintenu en vol.

Selon les enquêteurs, l'équipage n'aurait rien remarqué de particulier, et pourrait ne pas avoir eu connaissance de la directive interne de 2002.

Comme les vieux avions de ligne sont délaissés par les compagnies aériennes principales, ils sont souvent vendus dans des pays d'Amérique du Sud ou d'Afrique où la formation peut être moins poussée qu'en Europe ou aux Etats-Unis, et où les directives ne sont pas toujours portées à la connaissance de tout le personnel. L'avion a été construit en 1986 par McDonnell Douglas, qui a ensuite fusionné avec Boeing.

Un rapport officiel intermédiaire en date du 22 novembre émis par le "Comite de Investigacion de Accidentes Aereos" du Vénézuéla et approuvé par les bureaux d'enquête supplétifs en France, aux Etats-Unis et en Colombie, n'a pas mentionné le bulletin de Boeing de 2002, puisque ce dernier n'avait pas encore été découvert dans le cadre des investigations en cours. Le rapport n'avait pas trouvé d'explication à l'accident de l'avion MD-82 à double moteur de Boeing. Un bulletin Boeing avertissait que les avions de la famille des MD-80, ce qui inclut celui qui s'est écrasé, ne devaient pas être mis en position de pilotage automatique pour prendre de l'altitude de manière trop rapide. Selon Boeing, après la stabilisation de l'avion, le réglage de la puissance des moteurs pourrait être un peu trop faible, et "l'avion pourrait perdre assez de vitesse pour atteindre son niveau d'alerte avant que le pilote automatique ne se débranche".

Selon le bulletin, cela peut arriver de manière si progressive qu'il peut se passer plusieurs minutes durant lesquelles le pilote automatique tente de compenser la perte de vitesse, et ce sans que les pilotes ne remarquent rien, avant que les signaux d'alarme de décrochage ne se mettent soudain à retentir. Les enquêteurs indiquent que même s'il est trop tôt pour tirer des conclusions, cela ressemble fort à ce qui s'est passé pour l'avion de la West Carribean.

Les enquêteurs et les professionnels de l'aviation, dont l'identité ne peut être révélée en raison de la règle selon laquelle aucune information ne peut être transmise en dehors des déclarations officielles, ont dit qu'il était clair que quel que soit ce qui allait arriver, l'équipage a pris des décisions qui ont définitivement perdu l'avion.
Le rapport intermédiaire contient une foultitude de détails recueillis à partir de l'enregistrement des boîtes noires concernant les données de vol et les conversations dans le cockpit, qui montrent que l'équipage s'est trompé en disant que l'avion connaissait "un incendie de son double moteur", et les actions menées par l'équipage ont été contraires à celles nécessaires pour contrer le décrochage d'un avion, pourtant enseignées à tout pilote débutant. Cela laisse penser que l'équipage n'a pas compris que l'avion était bien en train de perdre de la vitesse.

Selon les indices trouvés dans les débris de l'appareil, les pilotes ont tiré le manche de contrôle vers eux quand ils descendaient, ce qui a eu pour effet d'élever le nez de l'avion et de diminuer sa vitesse, empêchant l'air de passer sur les ailes convenablement.

Selon le rapport officiel, 20 minutes avant l'accident, l'avion a augmenté son altitude de 31.000 pieds à 33.000 pieds de manière normale. Les moteurs fonctionnaient sans problème à ce moment-là.
Environ 90 secondes après que l'avion eut atteint l'altitude de 33.000 pieds, il a commencé à ralentir sans raison précise. Le pilote automatique de l'avion a commencé d'élever légèrement le nez de l'avion afin de compenser la décélération et maintenir ainsi l'avion à 33.000 pieds. Durant cette période, les deux moteurs semblaient fonctionner normalement, selon le rapport intermédiaire.
Environ 8 minutes après sa première stabilisation à 33.000 pieds, le pilote automatique s'est débranché et l'avion a commencé de descendre. Le pilote automatique est conçu pour s'arrêter de lui-même s'il n'est pas en mesure de contrôler l'appareil en situation extrême.

C'était environ 3 minutes et 30 secondes avant l'impact. Cela signifie que l'avion perdait de l'altitude à une moyenne de 10.000 pieds par minute, soit presque de la chute libre. Une descente rapide mais contrôlée serait de l'ordre de 3.000 pieds par minute.
Le moteur droit s'est arrêté rapidement après le début de la descente, sans explication apparente, selon le rapport intermédiaire. Il est possible que les pilotes aient arrêté le moteur pendant qu'ils tentaient de régler le problème. En raison du problème sur la boite noire enregistrant les données de vol, on ne sait pas pourquoi les réglages de puissance étaient sur le moteur gauche durant cette période, bien que les deux moteurs tournaient à grande vitesse lors de l'impact.
Presque une minute après le début de la chute, soit deux minutes et 46 secondes avant l'impact, le signal d'alarme de décrochage a retenti, selon le rapport intermédiaire qui a été rendu public.
Une fois que ce signal d'alarme de décrochage retentit, les pilotes sont entraînés pour abaisser le nez de l'avion afin que ce dernier reprenne de la vitesse. Les alarmes de décrochages sont conçues pour se déclencher bien avant le véritable décrochage, prévenant ainsi bruyamment les pilotes d'un danger potentiel.

Mais la boite noire enregistrant les données de vol indique que les pilotes ont continué de tirer vers l'arrière sur le manche de contrôle, le nez de l'avion atteignant ainsi l'élévation maximale de 12 degrés, et ont maintenu le manche dans cette position tout au long de la chute. L'attention des contrôleurs aériens de Maracaibo a été éveillée par les demandes soudaines et répétées de l'équipage pour atteindre une altitude plus basse.

"L'équipage déclare à l'ATC qui leur demandait s'ils avaient un problème que leurs deux moteurs avaient pris feu", indique le rapport. ATC signifie le contrôle aérien. Ce fut l'un des derniers rapports émis depuis l'avion.

vendredi, février 03, 2006

Théories à propos de l'accident du 16 aout 2005

Article du 01 fevrier 2006 du The Daily Journal/ Journal de Caracas
Désolée, ce n'est pas traduit mais ce ne sont plus des anonymes qui s'expriment.
Ce sont les propos du Lt. Col. Lorllys Ramos Acevedo en autres. Les diffrérentes hypothèses envisagées...... Le rapport définitif devrait intervenir fin mars 2006
Si quelqu'un traduit merci de le transferer par mail : avca-metropole@ifrance.com
Investigators are weighing several theories, from icy conditions to pilot error, as they struggle to determine why a plane crashed in Venezuela last August killing all 160 people on board, an official leading the investigation said Tuesday.
The chartered West Caribbean Airways jet crashed in western Venezuela on Aug. 16, killing 152 tourists from the French Caribbean island of Martinique and eight Colombian crew members.The pilot radioed authorities saying “flame out” in both engines as the McDonnell Douglas MD-82 jet plummeted to the ground.
But Venezuelan officials have since said they don’t believe the engines actually failed, raising doubts about what caused the jet to plunge.
“We have various hypotheses,” investigation board chief Lt. Col. Lorllys Ramos Acevedo said in a phone interview, declining to give specifics.
“There are many factors we have to study to arrive at a definitive conclusion,” she added, saying investigators were looking at “the human factor,” the way the aircraft functioned and the weather conditions.As for whether ice formation on the plane could have been a factor, she said investigators still could not say with certainty. Investigators could make a report on their latest findings by the end of March, but it may take more time to offer definitive conclusions, Ramos said.
“There are still many questions,” she said.
“We aren’t going to rule out any factor. ”French, Colombian and U.S. experts have been cooperating with Venezuelan investigators, and the cockpit voice recorder has been analyzed in France along with the flight data recorder.
An initial report from Venezuelan investigators issued in November said the plane began a normal ascent from 9,450 meters to 10,060 meters about 20 minutes before the crash. It said the plane leveled off about two minutes later and accelerated, all appearing normal. About 90 seconds later, the plane began to steadily decrease speed, and after eight minutes, the autopilot was disengaged, the report said.
Asked whether a rapid climb before that was thought to have affected the autopilot system, Ramos said no and added, “That’s false.”
Grant Brophy, director of flight safety and security programs at Embry-Riddle Aeronautical University in Daytona Beach, Florida, said one big question is why the plane’s speed suddenly began to flag.
“Why is there no power?” he said after reviewing the initial investigative report.
He said one possibility – among many – is that crew members were getting erroneous readings from instruments. He added that has been known to occur when ice forms over the air intakes used for flight instruments.
The cockpit recording revealed the crew cited “weather conditions that included possible icing conditions” on the plane’s body minutes before the crash, the investigative report said. However, Venezuelan investigators have said the jet’s anti-ice system was working and had been activated. AP

Les pilotes n'avaient pas une information essentielle......

Dans la ligne de l'article precédent, paru en ligne depuis le 20 janiver :
http://www.newkerala.com/news.php?action=fullnews&id=90984

Extrait :"PARIS: Les enquêteurs français de l'accident du 16 août du Boeing Md-82 de la West Caribbean Airways disent que les pilotes ont pu ne pas avoir connaissance d'une directive de service de 2002 de Boeing. Le Herald Tribune International annoncent citant les enquêteurs que l'avion a fait le genre de montée rapide que Boeing avait indiqué dans sa directive de 2002 qui devrait être évité"

Comment un journal étranger peut-il avoir des informations confidentiels d'enquêteurs français ? Cet article paru depuis le 20 janvier dans la presse internationale n'a pas été relayé en France, que doit-on en penser ?

à vos claviers ...............

Pas de directive de service de Boeing en 2002 pour la West Caribbean ?

Selon un article paru sur le site http://www.airdisaster.com/news/0106/22/news.shtml

Des enquêteurs ayant fait partie du Comite de Investigacion De Accidentes Aereos du Venezuela, mais souhaitant garder l’anonymat feraient état du manque de formation de l’équipage.

Il semblerait en effet que la directive de service diffusée par Boeing en 2002, avertissant que pour les avions de la famille des MD-80 ne devraient pas faire d’ascension trop rapide et surtout pas en pilotage automatique, n'ait pas été communiqué à l'équipage.

Une telle manœuvre réduirait la puissance moteur de façon très importante, ce qui en soit n’est pas irréversible, mais dans le cas des avions de type MD-80, le pilote automatique chercherait à rétablir une situation normale sans que l’équipage puisse se douter d’un fonctionnement anormal.

Lors que le pilote automatique se « désenclenche » , on se retrouve avec un avion qui a besoin d’une grande puissance (moteur)pour se maintenir en l’air et demandant tout le savoir faire et la maîtrise du pilote

L’article explique ensuite que ce type de directive de service émise par le constructeur a peu de chance d’arriver dans les pays qui rachètent d’occasion des vieux avions de ligne, car les formations des personnels navigants sont moins poussés qu’en Europe ou aux US.

D’autres détails sont donnés concernant des points à éclaircir, mais cet article laisse entendre sans équivoque possible que si l’équipage avait reçu la formation adéquate, cette accident aurait pu être éviter.

Dans l’attente du rapport définitif du Comite de Investigacion De Accidentes Aereos du Venezuela, toutes fuites des experts anonymes ayant participés à l’enquête sont à prendre avec « des pincettes »

Nous vivons dans une monde à deux vitesses, il serait utopique de penser que cela changera demain mais nous avons peut-être notre mot à dire.

Pour vous faire votre propre opinion : http://www.airdisaster.com/news/0106/22/news.shtml

Pour ceux qui ne lisent pas l’anglais, je tacherais de vous proposer une traduction rapidement. Ou si quelqu’un veut s’en charger merci de l’adresser à
avca-metropole@ifrance.com
Pour tous articles à publier utiliser cette même adresse : avca-metropole@ifrance.com
N'oublier pas de préciser l'objet du mail
merci

jeudi, février 02, 2006

Le Figaro mardi 17 janvier 2006

Crash de la West Caribbean : l'enquête touche au but

ACCIDENT Le Venezuela a accepté de confier l'analyse des moteurs et de l'empennage de l'avion à la France. Cette expertise permettra de déterminer les causes du drame.

Cyrille Louis
ENLISÉE depuis plusieurs semaines, l'enquête technique sur les causes du crash aérien qui a coûté la vie à 158 Français de Martinique le 16 août 2005 est enfin sur le point de se débloquer. Selon une source diplomatique, les autorités vénézuéliennes sont en effet sur le point d'achever la traduction d'une commission rogatoire autorisant la France à venir récupérer, sur le site de l'accident, les deux moteurs et l'empennage du MD 82 affrété par la West Caribbean.
Ces éléments, dont le ministère de la Justice français a accepté de financer le rapatriement par avion cargo, seront bientôt transportés en région parisienne pour y être analysés à la demande des deux juges de Fort-de-France en charge du dossier.Au lendemain du drame, la justice vénézuélienne s'était d'abord engagée à établir le scénario du crash. Mais, l'émotion dissipée, il est vite apparu que l'analyse des débris, à la fois coûteuse et complexe, risquait de s'éterniser. «Pour éviter une trop longue attente aux familles des victimes, la France a proposé de prendre à sa charge la partie technique de l'enquête, explique un magistrat. En décembre, les autorités de Caracas ont donné leur accord de principe pour que les pièces essentielles, encore stockées sur la zone de l'accident, près de Maracaibo, soient transférées en France. Aujourd'hui, le feu vert officiel semble imminent.»
Panne de carburant ?
Planchant de front sur ces différents scénarios, les deux juges d'instruction sont actuellement de passage à Paris pour rencontrer les experts commis sur ce dossier. De retour à Fort-de-France, ils devraient ordonner rapidement la récupération des moteurs. Plusieurs semaines seront alors nécessaires à leur analyse. Ensuite, l'instruction pourrait, selon une source judiciaire, avancer rapidement pour être clôturée «d'ici à la fin de l'année».Envisageant la piste d'une panne de carburant, les juges français ont interrogé les autorités du Panama – où l'avion avait fait escale avant l'accident –, qui leur ont retourné un bon de commande semblant établir que l'avion venait de faire le plein lorsqu'il a décollé pour Fort-de-France. «On ne peut toutefois pas exclure totalement que ce document ait été fabriqué a posteriori», tempère un proche du dossier. Evoquant une autre hypothèse, les experts se demandent si certaines des pièces de rechange installées sur les moteurs du MD 82 pour remplacer du matériel usagé – notamment des pompes à haute pression – n'étaient pas incompatibles avec d'autres éléments de l'appareil.Après avoir procédé à un examen superficiel de ces pièces au Venezuela, courant novembre, les experts français ont acquis la conviction que les moteurs étaient en état de fonctionnement lors de l'impact. En revanche, ils ne développaient vraisemblablement pas, à cet instant, une puissance suffisante pour faire voler l'avion.
Parallèlement à ces pourparlers, la justice française a discrètement fait établir un devis par une société spécialisée dans «la prévention et la gestion de risques». Basée en région parisienne mais disposant d'un bureau au Venezuela, cette entreprise avait porté assistance aux autorités françaises après l'accident, assurant notamment le transport de conteneurs réfrigérés pour stocker les corps des victimes. Aujourd'hui, elle s'apprête à louer un avion cargo auprès d'Air France pour transporter les volumineux moteurs et l'empennage, dont seule l'analyse dans un laboratoire spécialisé permettra de trancher entre les différentes hypothèses actuellement à l'étude.